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Comme pour prouver à ses détracteurs qu’il faut encore compter avec elle dans l’économie du pays, l’industrie française affiche aujourd’hui encore une remarquable diversité. Et, parmi les multiples secteurs dont la performance mérite d’être saluée, celui du traitement et du revêtement des métaux figure incontestablement en bonne place.
De fait, cette industrie manufacturière possède une influence transverse dans de nombreux autres domaines, du BTP à l’aéronautique, en passant par la fabrication de machines, la joaillerie ou la construction automobile. En outre, elle abrite quelques success-stories particulièrement notables, et nous en citerons deux dans le présent article, en guise d’illustrations du dynamisme de ce secteur. D’ailleurs, les perspectives en termes d’emplois s’avèrent, elles aussi, significatives, et justifient pleinement que l’on s’intéresse de plus près aux entreprises regroupées sous le code NAF 25.61Z.
Parfois, certains secteurs économiques restent injustement méconnus, notamment en raison de leur haut degré de spécialisation et de sophistication, et c’est effectivement le cas pour le traitement et le revêtement des métaux. Pourtant, ne serait-ce que fait de ses multiples applications, touchant un large pan de l’industrie dans l’Hexagone, cette industrie a su se rendre indispensable auprès de nombreux autres domaines d’activités.
Pour découvrir un secteur, quel qu’il soit, le premier réflexe consiste à consulter l’INSEE, et plus précisément la description de la Nomenclature d’Activité Française associée. Dans le cas présent, l’on apprend que le traitement et le revêtement des métaux constitue une sous-classe comprenant notamment les opérations suivantes : traitements thermiques et thermochimiques des métaux, anodisation de certains métaux dits « légers », électrolyse ou immersion pour les revêtements métalliques, polissage, plastification et gravure sur métaux, installation de revêtements protecteurs et décoratifs des métaux, etc.
Sans vouloir vous submerger de détails, précisions néanmoins que les termes de « trempe superficielle », « cémentation », « nitruration », ou bien encore « émaillage », « phosphatation », « marquage sérigraphique », font tous partie du vocabulaire propre aux entreprises de ce secteur.
Comme évoqué précédemment, le secteur du traitement et revêtement des métaux concerne la modification, la décoration ainsi que la protection de diverses pièces en métal, et il concerne environ 2 300 établissements en France.
La plupart de ces entreprises sont aujourd’hui des sous-traitants pour de très grands groupes industriels, auxquels elles sont parfois même adossées. Ces entreprises emploient plus de 27 000 salariés, et les deux tiers d'entre elles comptent moins de 20 ETP (Equivalent Temps Plein).
Quant aux principaux acteurs du marché sur le territoire national, citons, par ordre décroissant de chiffres d’affaires :
Parmi les success-stories les plus marquantes, celle de la société Soprema est révélatrice du fort niveau de développement que permet ce secteur, car cette entreprise strasbourgeoise est passée du statut de PME à celui de groupe international, en l’espace de trois générations. De fait, Soprema est aujourd’hui sous la direction de l’arrière-petit-fils du fondateur, et « pèse » plus de deux milliards d’euros. Bien sûr, ce chiffre d’affaires n’est pas issu uniquement du traitement et revêtement des métaux, car l’entreprise a su se diversifier – notamment dans l’isolation naturelle et les produits d’étanchéité voltaïque – mais c’est bien grâce à ce secteur qu’elle a pu prendre son envol.
Deuxième exemple de réussite notable, l’entreprise – également familiale – GMC, Chimicolor, Galva+ et PSG Industries, a pu, en cinq décennies, s’imposer comme un acteur majeur des traitements anti-corrosion des surfaces métalliques. Quatre usines distinctes sont aujourd’hui réunies sur un seul et même site, non loin de Châteauroux, afin de proposer des traitements de surface complémentaires.
A l’ère de la révolution digitale et de la présence de plus en plus palpable de l’IA (Intelligence Artificielle) dans la vie des entreprises – y compris industrielles – la capacité d’innovation d’un secteur devient encore plus primordiale que par le passé. En outre, les défis environnementaux de demain imposent une refonte complète de nombreuses pratiques, et là encore, seules les entreprises les plus agiles pourront tirer avantage de ces changements aussi rapides que structurants.
Pour le traitement et le revêtement des pièces métalliques, il est souvent nécessaire d’utiliser des produits chimiques, si bien que les problématiques de protection de l’environnement et de santé sont majeures pour ce secteur d’activité. En outre, puisqu’il est fréquemment associé à la production de biens intermédiaires dans de multiples univers – lunetterie, automobile, bâtiment, etc. – l’empreinte écologique de ce secteur rejaillit sur l’ensemble de ceux pour lesquels il intervient en sous-traitance.
Cela étant posé, nul ne peut nier que cette branche témoigne régulièrement d’une solide capacité de résilience et d’adaptation, en innovant par exemple sur la peinture en poudre qui remplace les produits solvants, ou bien sur de nouvelles techniques – dites membranaires – concernant la gestion des effluents. Dans le même ordre d’idée, l’on peut encore citer l’abandon progressif des cobalts et autres Chrome VI dans le cadre des opérations par voie humide, ainsi que la prédominance de plus en plus marquée des procédés par voie sèche.
Plus globalement, et bien que ce secteur abrite essentiellement des structures de taille relativement réduite – ou peut-être d’ailleurs grâce à cette caractéristique, qui lui donne davantage de souplesse – le traitement et le revêtement des métaux a d’ores et déjà mis un pied dans « l’usine 4.0 ». Derrière ce terme parfois encore un peu obscur se cache en réalité une forte robotisation des ateliers, et l’optimisation de tous les process grâce aux ressources nouvelles de la révolution digitale – dont l’IA, bien sûr.
Comme l’illustre le récent rachat par SOCOMORE de gammes de produits et d’une activité aéronautique, appartenant précédemment respectivement à Pantheon et Disco-Lab, le secteur du traitement et du revêtement des métaux est entré dans une phase de concentration. Celle-ci découle d’ailleurs en partie des enjeux environnementaux évoqués précédemment, ainsi que du renforcement des normes – dont le règlement (CE) n°1935/2004 sur les matériaux et objets en contact avec des denrées alimentaires, par exemple – qui implique des structures plus grandes pour mieux absorber ces contraintes extérieures.
En outre, alors que dans certains secteurs, une telle concentration pourrait être synonyme de pertes d’emplois, le dynamisme du marché du revêtement et traitement des métaux permet d’envisager l’exact contraire, et les typologies de métiers sont d'une grande diversité. Le seul bémol à apporter concernant cette projection concerne en fait l’influence d’acteurs venus d’autres secteurs d’activité et qui pourraient vouloir profiter de leur taille déjà plus importante pour opérer une intégration verticale en rachetant leurs sous-traitants.
De fait, précisément parce que le revêtement et le traitement des métaux est en croissance et qu’il revêt une importance de plus en plus grande dans le bilan environnemental et de santé des entreprises qu’il fournit, certaines pourraient être tentées de vouloir « faire d’une pierre, deux coups », en acquérant une société de ce secteur pour profiter de la croissance de son CA, et pour mieux contrôler ses process de fabrication. Face à cette menace, la réponse se trouve … dans un mouvement de concentration au sein même du domaine d’activité qui nous intéresse, ce que l’on constate bien dès à présent.
Crédit photo : Ricardo Gomez Angel
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